26 août 2008
Al Mustapha TAMBO
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Celui qui n'a pas entendu le sable du désert crisser sous ses pas ne peut comprendre...Aller au désert c'est s'imprégner de lui et comme la musique vous pénètre et vous donne envie de bouger ,le désert vous enveloppe et vous possède. En revenant du désert c'est plus fort que soi, on a un besoin vital de le retrouver et selon nos dispositions ce sera par l'écriture comme Blanche de Richemont , Saint Exupéry .... par la musique comme Tinariwen, Terakaft ...ou en dessinant les lignes épurées de ses dunes , les mouvements souples du dromadaire . Almoustapha Tambo est de ces peintres qui d'un seul trait, créent le mouvement, de quelques couleurs façonnent un paysage .Mais qui est ce Almoustapha Tambo, qui sait si bien nous dévoiler "son" désert et les hommes bleus qui y vivent ? Il est né entre le ciel et le sable un jour de 1968 au Niger .Alors que la la France construit ses barricades, il ouvre les yeux sur l'immensité du désert qui sera son école, son terrain de jeu.
Vivre de son art est une utopie surtout en ces périodes ou les conflits au Niger font que le tourisme est inexistant pourtant il a un espoir, que son art soit apprécié et que la vente de ses aquarelles qu'il expose parfois en France lui permette d'apporter un peu d'argent à ses projets.
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Les oeuvres de Al Mustapha TAMBO nous disent les couleurs du désert....C'est un monde de liberté qu'il exprime, à travers ses chameaux,dans un monde sans horizon, à travers ses compositions inspiré des symboles et des créations traditionnelles.
Artiste autodidacte, il est aussi instituteur de brousse, vit à Agadez, ville du Nord Niger. Cette région est actuellement totalement isolée en raison de la rebellion armée. La situation sanitaire et économique y est dramatique.
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Les toiles de l’AÏR
-Interview avec un artiste peintre-RACINES N° 03-
Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
L’Artiste : Je suis Almoustapha TAMBO ? je suis instituteur et je fais aussi de la peinture en dehors des heures de cours.
RACINES : Dites-nous comment vous avez appris à peindre ?
Almoustapha TAMBO : Cela remonte à mon jeune âge, où je me m’amusais tout le temps à faire des dessins, des caricatures. Par la suite, j’y ai consacré plus de temps. La lecture des bandes dessinées.et quelques ouvrages sur la peinture aidant, je me suis auto-formé en laissant libre cours à mon inspiration. Je n’ai jamais fréquenté une école des beaux arts. Cependant, j’essaie à chaque fois de m’améliorer, et c’est parti comme ça.
RACINES : Vos tableaux font ressortir surtout la vie dans le désert. Pourquoi ?
Almoustapha TAMBO : C’est parce que c’est ma vie au quotidien. Etant moi même Touareg, mes représentations s’inspirent des couleurs du désert et sont surtout figuratives, mais abstraites également.
Je peins le désert et ses habitants, c’est-à-dire le monde dans lequel je vis, mon environnement immédiat. C’est un monde de liberté. J’exprime tout cela à travers des chameaux dans un monde sans horizon, un monde de liberté.C’est cela la base de ma peinture. Mais bien sûr je fais aussi des portraits, je peins souvent les rues d’Agadez avec ses couleurs et ses odeurs.
RACINES : Vous parlez beaucoup de liberté !
Almoustapha TAMBO : Je pense que cela fait ressortir un peu quelques facettes de ma personnalité. je n’aime pas la contrainte de la vie citadine faite d’horaires à respecter, coincé entre quatre mûrs. Ce que j’aime c’est la liberté.
RACINES : Mais un enseignant est le plus souvent entre quatre mûrs, non ?
Almoustapha TAMBO : Oui, justement ma peinture me permet de m’évader de ce monde clos fait de mûrs et de limites au profit d’un monde où il n’y pas de contraintes de temps, ni d’espace.
RACINES : Est ce que la peinture nourrit son homme ?
Almoustapha TAMBO : En 2004, je me suis retrouvé un peu par hasard en France dans une ville où chaque année, la mairie organise une foire sur un thème, un pays ou un peuple précis. J’y suis allé cette année là avec d’autres compatriotes venant d’autres villes du pays sur le thème relatif à la vie des nomades.
Ma technique n’était pas tellement à point à ce moment là il est vrai, mais j’ai vendu tous mes tableaux. Je m’étais rendu compte que ce que je fais peut plaire vraiment aux gens. Au retour, j’ai repris la craie, tout en peignant. J’arrive aussi à écouler quelques tableaux ici à Agadez surtout pendant la saison touristique pour quelques centaines d’Euros. Je ne vis pas exclusivement de mon art, mais je ne m’en sépare pas non plus.
RACINES : Combien d’expositions avez vous à votre actif ?
Almoustapha TAMBO : Hormis celle que j’ai faite en France, je n’ai jamais exposé ici au Niger, pas même à Agadez. Je pense que les conditions matérielles ne se sont pas encore réunies.
RACINES : Quels sont vos projets ?
Almoustapha TAMBO : l’un des projets qui me tiennent à coeur, c’est justement me faire connaître par la voie de l’exposition. Je voudrais aussi travailler avec d’autres artistes peintres. Il y a de vrais talents qui à force de découragements finissent par abandonner.
C’est un sentiment qui nous animent tous quelquefois où on a envie de tout abandonner. Mais je pense que c’est là une erreur à éviter.
En se mettant ensemble, nous serons capables de beaucoup de choses. Nous pouvons faire des tableaux, des bandes dessinées et pouvoir donc vivre de notre art, pourquoi pas.
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Interview réalisée par MOROU Abdoulaye
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Al Mustapha TAMBO, peintre Touareg du Niger, et Gérard ZAURIN, ont participé ensemble à La Ville aux artistes à Pontarlier/25. Ce fût pour eux l'occasion de se rencontrer, et faire connaissance.
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Gérard ZAURIN/TEZYDER TETAWAY S'ALHAWA
Collage et acrylique sur toile marouflée
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